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EMPLOI - Les femmes regardent moins leur carrière que la carrière de l’entreprise

Article de Sophie Her

LePetitJournal.com de Milan

Mercredi 6 mars 2013

La journée internationale de la femme a au moins un mérite. Celui de faire sortir les chiffres des tiroirs ! Si l’Europe a placé l’année 2013 sur le thème de la violence, lepetitjournal.com de Milan revient sur la place des femmes sur le marché du travail en Italie et particulièrement dans les organes décisionnaires. Rencontre avec Alessandra Perrazzelli, Présidente de Valore D. D comme donne.


Les femmes et le travail en Italie 

Une étude publiée en 2012 par l’ISTAT montre la capacité des femmes italiennes à concilier travail et vie de famille. Dans la tranche d’âge des 25-54 ans, 8 millions d’entre elles s’occupent des enfants, de la famille mais aussi des parents dans le besoin. Dans le nord de la Péninsule, près de 70% des femmes ont une activité rémunérée. Moitié moins dans le sud et dans les îles. Dans 90% des cas, leur revenu contribue pour au moins 40% aux charges de famille.

Pour tout concilier, elles travaillent à temps partiel. Toujours d’après l’IStat, elles seraient en effet en Italie 1,5 million à y recourir. Une organisation pour la vie de famille et pour les employeurs pas aussi bien ancrée en France, qui reste faible comparativement aux pays du nord de l’Europe, où le temps partiel concerne près de 80% des femmes actives.

Par ailleurs, une étude du Censis, déclare que près de 80% des personnes interrogées (plutôt des hommes) pensent que la condition de la femme s’est améliorée ces dernières années en Italie, alors que 7% pensent le contraire. 10% de ces derniers dénoncent que les femmes ont du faire face aux hommes sur leur parcours alors que 5,6% pensent que ce sont les femmes qui n’ont pas réussi à s’émanciper. Par ailleurs, il ressort de cette étude que les femmes disposent de 7 heures de temps libre de moins par semaine.

Alors qu’en France, la fiscalité se fait sur la base du quotient familial qui intègre le nombre d’enfants, en Italie, chaque individu est un sujet fiscal. Un système qui permet difficilement aux femmes de travailler.

"Les hommes entrent parce qu’ils sont amis d’amis. Les femmes parce qu’elles sont exceptionnelles"

Alessandra Perrazzelli a quitté l’Italie il y a 25 ans après avoir notamment travaillé aux Etats-Unis et à Bruxelles. Rentrée il y a 4 ans en tant que manager pour la banque Intesa Sanpaolo, une entreprise de 500.000 personnes elle raconte : "Quand je suis rentrée, j’ai cherché les femmes et particulièrement dans les conseils d’administration". En Italie, en 2011, seulement 6,8% des membres des Conseils d'Administration sont des femmes. Ce chiffre atteint les 35% en Norvège ! C’est ainsi qu’est née en 2009 Valore D, une association pour la valorisation des valeurs féminines qui regroupe dans ces membres fondateurs notamment Barclays, Cariparma, General Electric, Intesa San Paolo, Johnson & Jonhson ou encore Pirelli. "En Italie 4% des femmes ont des responsabilités de représentation, contre 12% en Roumanie". Car ce que dénonce Alessandra Perrazzelli, c’est le plafond de verre, particulièrement dans le secteur bancaire alors que généralement "ce sont les femmes qui décident à la maison pour les assurances et les produits financiers. D’autant qu’elles dépensent désormais leur propre argent". Pour elle, se battre pour plus de femmes dans les conseils d’administration, c’est compter sur les compétences et le style de management propres aux femmes. "Notre but est d’éviter de faire sortir les femmes de l’Italie". Valore D intervient dans six domaines dont la flexibilité, le mentorship, l’innovation sociale. Concrètement, elle propose aux entreprises intéressées un kit de services dans ces domaines, des instruments pour mieux gérer vie professionnelle / vie personnelle, de la formation et des conseils pour tisser des réseaux au féminin. L’association a également une activité de recherche. Enfin, elle dispose aujourd’hui d’une base de 1.800 curriculum vitae de femmes à haut potentiel, réservée à ses membres.

Interrogée sur les "quotas roses", Alessandra Perrazzelli s’exprime "c’est odieux de faire entrer des gens sur ce critère, mais de l’autre côté une personne qui a le pouvoir ne se lèvera jamais de son siège pour le donner ! C’est donc un bon accélérateur, un remède qui permet de changer la culture". Et elle conclut sur son pays "l’Italie est encore dans un modèle familial mais il y a beaucoup d’espérance car l’Italie peut changer".

Une Italie qui change

Consentir aux femmes d’être maman et de se réaliser au niveau professionnel est un impératif de survie car une société ne peut pas se construire sans enfants. En Italie, le marché du travail a gagné en flexibilité ces dernières années car l’immigration a rendu accessible le service à la personne. Ici, aucune aide sociale pour mettre les enfants à la crèche. Nombreuses, très nombreuses sont les associations et autres groupes sur les réseau sociaux qui oeuvrent pour faciliter cette double vie. Citons notamment "mamma e lavoro" sur LinkedIn ou encore l’association culturelle à Milan "Esclamativo Donna" née de trois amies ayant une expérience pluriannuelle et qui valorise la capacité des femmes à entreprendre dans les secteurs d’excellence de la culture italienne.

Informations pratiques : Valore D - Via Simone D’Orsenigo, 18 - 20135 Milano - (+39) 345 72 18 140- segreteria@valored.it

A retenir, Valore D organise sa 2ème conférence nationale à Rome le 23 avril 2013.

La rédaction remercie la CFCII qui a organisé le déjeuner conférence du 18/02/13 avec Alessandra Perrazzelli.