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EXPO 2015 - Quelles opportunités pour les entreprises françaises ?

Article de Sophie Her

LePetitJournal.com de Milan

24 septembre 2013

Quatre jours seulement après la signature officielle de la France à Expo 2015, la Chambre Française de Commerce et d’Industrie en Italie invitait mardi dernier Giacomo Biraghi, en charge des Tavoli Tematici pour la Camera di Commercio de Milan. Quelles opportunités d’affaires pour les entreprises françaises ? Comment les saisir ? Avec Expottimista, c’est un véritable vent d’optimisme qui a balayé le doute des exposceptiques !

Une réalité qui commence à prendre forme

"Expo 2015 est en train de créer une dynamique qui ira au delà de l’Expo" a lancé Jean- Marc Deshaires de la CFCII lors de son discours d’introduction. Depuis que Giorgio Napolitano, Président de la République Italienne a qualifié l’événement "d’occasion extraordinaire pour le développement de l’Italie dans son ensemble" en juillet dernier, Expo 2015 devient – enfin – un réalité. "Les entrepreneurs s’interrogent. Faut-il miser ou non sur cet événement ? si oui, comment ? combien cela coute-t-il ?" a-t-il poursuivi avant de passer la parole à Giacomo Biraghi. Avant toute chose, il convient d’éclaircir un point fondamental interpelle ce dernier. "Expo 2015 n’est pas une foire. C’est un débat international avec la société civile" qui fera intervenir des officiels (pays et organisations internationales), et des non officiels (institutions italiennes, régions des différents pays, entreprises et organisations de la société civile). Et comme à l’habitude des grands événements milanais, Expo 2015 se déroulera dentro e fuori le mura, c’est à dire aussi bien sur le site dédié à l’exposition universelle, qu’en dehors.

Aujourd’hui, 133 participants se sont déclarés dont 65 ont, comme la France, signé la convention de participation donnant droit à un espace sur le site même de l’exposition universelle. Biraghi parle de boom par rapport à l’expo de Shanghai de 2010 qui ne comptait que 46 pavillons payants. A ce jour, une chose est sûre, l’Angleterre, l’Irlande, la Scandinavie et la Pologne ne participeront pas.

Parallèlement, l’Expo 2015 vivra autour de huit sponsors officiels : Accenture, Cisco, Enel, le groupe Fiat avec Chrysler et New Holland, la banque Intesa SanPaolo, Samsung, la filiale technologique de Finmeccanica, Selex Es et enfin Telecom Italia. Un statut qui leur confère le monopole dans leur domaine d’activité. "Ainsi un participant officiel qui voudra des services, devra les acheter à l’une de ces huit entreprises" précise-t-il.

Pour les secteurs d’activité non couverts par l’activité des sponsors officiels, la société organisatrice, Expo 2015 S.p.a lance régulièrement des appels d’offre, appelés R.F.P (Requests for Proposal) dont la liste est disponible sur son site internet, mais aussi sur celui de la CFCII. Les 3 et 4 octobre prochain se tiendra au Lingotto à Turin, la 3e édition des I.P.M (International Participants Meeting). Y sera notamment présenté le catalogo dei fornitori, autrement la liste des fournisseurs qui n’ont pas le monopole. A partir de cette date, les participants pourront donc commencer concrètement à choisir leurs fournisseurs. Durant ces deux jours, d’autres instruments seront présentés comme le protocole de construction des pavillons, ou encore, de l’organisation des événements. En effet, chaque participant aura la possibilité d’organiser 30 événements. Autant d’opportunités de sponsorship pour les entreprises intéressées. A l’intérieur même du site, certains espaces seront ouverts le soir et quelques jours de la semaine. Les participants officiels pourront par ailleurs en plus de leur pavillon ouvrir des lounges en ville, comme l’a imaginé la Suisse.

Photo : Giacomo Biraghi en charge des Tavoli Tematici - S.H pour lepetitjournal.com 

Pour mettre tout sur pied, les délais sont courts. Nous sommes à 584 jours de l’ouverture et il nous faut "agir avant janvier 2014" conclut Giacomo Biraghi.

Pourquoi participer à Expo 2015 ?

L’exposition universelle de Milan se tiendra du vendredi 1er mai au samedi 31 octobre 2015. Six mois non stop d’activités autour du thème "Nourrir la planète". Au total, les organisateurs attendent pas moins de 20 millions de visiteurs, soit une moyenne journalière de 130.000 à 140.000 personnes. Selon les estimations, deux tiers seraient des italiens et l’autre tiers seraient des visiteurs étrangers. "Sur les 7 millions de visiteurs étrangers attendus, la Chine et la Suisse se sont engagées à elles seules à en faire venir 1 million chacune" déclare confiant le représentant de la Camera di Commercio de Milan.D’après un sondage réalisé auprès de 10.000 personnes, la durée moyenne de la visite  serait de 4h45 minutes. Mais aujourd’hui Milan n’est pas en capacité d’accueillir tous ce monde. Et comme il n’est pas question de construire des hôtels exprès, les organisateurs ont développé une approche isochrono pour faciliter l’hébergement jusqu’à 1h10 de Milan, représentant une capacité d’accueil de 500.000 lits. Une aubaine pour les professionnels du tourisme dont les adresses seront répertoriées dans un catalogue inclus dans le prix du billet d’entrée qui devrait être de 34 euros. Une société a été crée spécialement pour la promotion du territoire : Explora.

Avec un investissement de près de 11.8 milliards d’euros pour la ville de Milan et la région Lombardie, les retombées économiques immédiates sur le territoires sont estimées à 34 milliards d’euros peut-on lire sur le site internet officiel. Un impact porté à 20 milliards pour la période 2015-2020 par Giacomo Biraghi. A elle seule, la location des espaces dédiés aux pavillons serait de 1.2 milliards d’euros. De plus, 5 milliards d’euros ont été investis en faveur de l’internationalisation pour construire en dehors du site une dynamique pour se faire rencontrer les entreprises et des délégations en dehors des institutionnels, intitulée "Expo incontra le imprese".

Pas de bureaucratie, pas de taxes

Mais, bien plus que les chiffres, ce sont les conditions fiscales accordées aux parties prenantes. Le 14 janvier 2013, le président Napolitano a ratifié un accord entre la République Italienne et le Bureau International des Expositions (B.I.E) en vue de l’Expo 2015. L’article 10 de cet accord porte sur l’exemption d’impôts, y compris la taxe sur la valeur ajoutée, des contrats signés par le Commissaire Général unique, c’est à dire Giuseppe Sala. Ce dernier étant signataire des conventions de participation des participants officiels, les avantages s’appliquent donc aux pays participants. L’article 16 expose ce même avantage fiscal pour les contrats commerciaux signés par les participants non officiels pour leur zone d’exposition. Enfin, les articles 19 et 20 précisent les règles d’application du taux de T.V.A réduit de 10% pour l’ensemble des participants. Pas de T.V.A. Pas d’I.M.U. Côté emploi, le gouvernement a signé en juillet un protocole en faveur de l’embauche des jeunes de moins de 29 ans (apprentissage, contrats à durée déterminée et stages).

Avec "zero burocrazia et zero tasse" (aucune bureaucratie, aucun impôt), nous pourrons donner plus d’autonomie au territoire pour lui construire une image positive" explique G.Biraghi. 

Et après 2015 ? "Destinazione Italia" !

Avant tout, sur un plan fiscal, la loi du 14 janvier 2013 s’applique au delà de la période de l’Expo 2015 puisqu’elle est valable jusqu’en avril 2016. Par ailleurs, jeudi dernier, 19 septembre, Enrico Letta a lancé un signal fort avec l’annonce de son plan "Destinazione Italia". Il s’agit d’une série de mesures pour la promotion des investisseurs étrangers en Italie dont Expo 2015 constitue le banc d’essai. Seraient concernés notamment le tourisme, l’immobilier commercial, l’industrie et le secteur nautique. De même, l’accord en faveur de la flexibilité du travail signé à l’occasion de Expo 2015 dans le secteur de l’événementiel devrait être également prolongé au delà du 31 octobre 2015, date de la fin de l’exposition universelle.

Sur un plan logistique, seuls les cinq pavillons thématiques, les trois pavillons événementiels et le palazzo italien resteront. Les autres pavillons, prévus dès l’origine sans fondations, seront démontés. 

Pour le reste, c’est en novembre 2013 que le masterplan permettra de connaître la destination du terrain. On parlerait d’y construire une pépinière d’entreprises.

Qui sont les interlocuteurs des entreprises ?

Pour qui voudrait participer à ce rendez-vous unique, Expo 2015 S.p.a n’est donc pas l’interlocuteur. La Camera di Commercio de Milan, qui représente un ses associés de la S.p.a, s’applique depuis 2010 à donner davantage de visibilité aux entreprises intéressées. Elle a ainsi lancer une plateforme d’échanges et de rencontres au travers des Tavoli Tematici. Tous les deux mois, des entreprises et des associations d’un même secteur se retrouvent pour présenter leurs projets, évaluer les opportunités d’affaires et écrire ensemble Expo 2015. Chaque rendez-vous se déroule au Palazzo degli Affari et enregistre une cinquantaine de participants. "Pour y participer, il suffit d’avoir un siège en Italie ou d’y réaliser des investissements" précise Alvise De Sanctis, responsable technique des tables rondes. "Notre mission est de faire travailler ensemble les start-up - fare sistema - pour augmenter la masse critique" ajoute-t-il.

A ce jour, 40 tables rondes ont été organisées et 360 projets ont été présentés. 80 sont à l’étude. Pour en prendre connaissance, il suffit de s’inscrire sur le site internet. La prochaine table thématique, intitulée "Giovani e Lavoro" se tiendra le 26 novembre et portera sur le travail des jeunes. Il sera notamment question des nouvelles initiatives en leur faveur.

Les entreprises françaises qui voudraient donc saisir l’opportunité de Expo 2015 peuvent passer par Tavoli Tematici ou s’adresser à la CFCII pour prendre des renseignements.